Mai 68 a « liquidé l’école de Jules Ferry » (Nicolas Sarkozy)

Si Mai 68 a profondément modifié l’enseignement français, les transformations furent plus précoces. Dès les années 1960, la massification des effectifs, la croissance de la demande sociale, le changement des mœurs, ou encore la politique volontariste des gouvernements successifs face à la pénurie de diplômés français, ont incité les autorités à réformer la structure, les contenus obsolètes, et les méthodes d’enseignement archaïques de l’école française. Réorganisation en trois réseaux (écoles/collèges/lycées), création de commissions de travail (Rouchette et Lichnérowicz), assouplissement des horaires : telles sont les réformes de modernisation de l’enseignement français.

Bien que les événements de 1968 aient touché les lycées et collèges, il n’y a rien eu de comparable aux universités. Et même, ils ont donné raison aux réformateurs de l’enseignement français. Le tiers-temps pédagogique, la suppression du samedi après-midi, la mixité des sexes, les activités d’éveil, très contestées par les traditionalistes (ben oui ! Susciter la curiosité des enfants nécessite de l’imagination pour les enseignants… Alors que pour faire du recopiage, la routine suffit !!!), symbolisent bien l’école du 20ème siècle.

Alors non, Monsieur Sarkozy ! Au vu de tout ceci, si l’école de Jules Ferry a effectivement changé avec les événements de 1968, elle a su garder toute son inspiration en préservant son aspect gratuit et obligatoire, caractères essentiels d’une grande République. Ce qui vous gêne en réalité, c’est que Mai 68 a liquidé une école d’un autre temps accessible uniquement aux plus riches ! Une école traditionaliste, dont le but n’était pas l’émancipation ou la réflexion, mais l’apprentissage de la discipline ! Une école où les instituteurs pouvaient exercer toute leur autorité et montrer leur supériorité ! Quoiqu’il en soit, Mai 68 n’a fait que dévoiler au grand jour les divisions entre traditionalistes et modernistes…

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